Pourquoi on n'arrive pas à déléguer
- La peur de la qualité. « Personne ne le fera aussi bien que moi. » Souvent vrai au début, rarement au bout de quelques semaines.
- Le temps d'expliquer. Expliquer prend plus de temps que faire, une fois. Mais on le fait cent fois.
- Rien n'est écrit. Sans méthode écrite, déléguer revient à tout transmettre oralement, à chaque fois.
- Des limites floues. Le collaborateur ne sait pas jusqu'où il peut aller, alors il revient demander.
- Le plaisir de faire. Certains sujets, on aime les traiter. C'est humain, mais ça a un coût.
Quoi déléguer en premier
Fais la liste de ce que tu as fait la semaine dernière, et classe chaque tâche :
| Type de tâche | Que faire |
|---|---|
| Répétitive, et quelqu'un d'autre pourrait la faire | Déléguer en premier, avec une méthode écrite |
| Ponctuelle, mais formatrice pour un collaborateur | Déléguer en accompagnant |
| Stratégique, que toi seul peux faire | Garder |
| Inutile | Arrêter |
Les tâches répétitives sont les plus rentables à déléguer : une fois la méthode écrite, elle sert à chaque fois.
La méthode en 5 étapes
- Écris la méthode, ou mieux : fais-toi interviewer pour l'écrire. Une page suffit. Voir formaliser ses processus.
- Fixe le cadre : le résultat attendu, le délai, et surtout ce que la personne peut décider seule (un montant, un type de client, un niveau de risque).
- Choisis la bonne personne, pour ses compétences et son envie, et dis-lui pourquoi c'est elle.
- Accompagne les premières fois : tu fais avec elle, puis elle fait et tu relis, puis elle fait seule.
- Suis le résultat, pas le geste : un point régulier sur ce qui a été obtenu, pas un contrôle de chaque étape.
Déléguer les décisions, pas seulement les tâches
Le vrai gain vient quand tu délègues aussi des décisions. Écris, pour les décisions qui te reviennent toujours, qui peut trancher et dans quelles limites : une remise jusqu'à tel pourcentage, une dépense jusqu'à tel montant, un planning, le choix d'un prestataire. C'est ce qui empêche le travail délégué de remonter vers toi à la première question.
Le test. Si ton collaborateur doit t'appeler pendant tes congés pour avancer, ce n'est pas délégué, c'est prêté.
Les pièges
- Reprendre la main au premier écart : la personne n'osera plus décider.
- Déléguer sans dire pourquoi : la tâche devient une corvée.
- Déléguer uniquement ce qu'on n'aime pas : ça se voit, et ça démotive.
- Ne jamais faire le point : sans retour, la personne ne sait pas si elle fait bien.
Pour aller plus loin : responsabiliser son équipe et les 10 problèmes d'un dirigeant avec son équipe.

