Guide · Dirigeants et équipes

Savoir déléguer quand on est dirigeant

« Le temps de lui expliquer, je l'aurai fait moi-même. » C'est la phrase qui enferme le plus de dirigeants dans l'opérationnel. Déléguer s'apprend, et la clé n'est pas la confiance : c'est la clarté.

Par Olivier Giry, bras droit de dirigeants · 3 min de lecture · Mis à jour le 4 novembre 2026

Pourquoi on n'arrive pas à déléguer

  • La peur de la qualité. « Personne ne le fera aussi bien que moi. » Souvent vrai au début, rarement au bout de quelques semaines.
  • Le temps d'expliquer. Expliquer prend plus de temps que faire, une fois. Mais on le fait cent fois.
  • Rien n'est écrit. Sans méthode écrite, déléguer revient à tout transmettre oralement, à chaque fois.
  • Des limites floues. Le collaborateur ne sait pas jusqu'où il peut aller, alors il revient demander.
  • Le plaisir de faire. Certains sujets, on aime les traiter. C'est humain, mais ça a un coût.

Quoi déléguer en premier

Fais la liste de ce que tu as fait la semaine dernière, et classe chaque tâche :

Type de tâcheQue faire
Répétitive, et quelqu'un d'autre pourrait la faireDéléguer en premier, avec une méthode écrite
Ponctuelle, mais formatrice pour un collaborateurDéléguer en accompagnant
Stratégique, que toi seul peux faireGarder
InutileArrêter

Les tâches répétitives sont les plus rentables à déléguer : une fois la méthode écrite, elle sert à chaque fois.

La méthode en 5 étapes

  1. Écris la méthode, ou mieux : fais-toi interviewer pour l'écrire. Une page suffit. Voir formaliser ses processus.
  2. Fixe le cadre : le résultat attendu, le délai, et surtout ce que la personne peut décider seule (un montant, un type de client, un niveau de risque).
  3. Choisis la bonne personne, pour ses compétences et son envie, et dis-lui pourquoi c'est elle.
  4. Accompagne les premières fois : tu fais avec elle, puis elle fait et tu relis, puis elle fait seule.
  5. Suis le résultat, pas le geste : un point régulier sur ce qui a été obtenu, pas un contrôle de chaque étape.

Déléguer les décisions, pas seulement les tâches

Le vrai gain vient quand tu délègues aussi des décisions. Écris, pour les décisions qui te reviennent toujours, qui peut trancher et dans quelles limites : une remise jusqu'à tel pourcentage, une dépense jusqu'à tel montant, un planning, le choix d'un prestataire. C'est ce qui empêche le travail délégué de remonter vers toi à la première question.

Le test. Si ton collaborateur doit t'appeler pendant tes congés pour avancer, ce n'est pas délégué, c'est prêté.

Les pièges

  • Reprendre la main au premier écart : la personne n'osera plus décider.
  • Déléguer sans dire pourquoi : la tâche devient une corvée.
  • Déléguer uniquement ce qu'on n'aime pas : ça se voit, et ça démotive.
  • Ne jamais faire le point : sans retour, la personne ne sait pas si elle fait bien.

Pour aller plus loin : responsabiliser son équipe et les 10 problèmes d'un dirigeant avec son équipe.

Questions fréquentes

Pourquoi un dirigeant n'arrive-t-il pas à déléguer ?

Le plus souvent par peur de la qualité, par manque de temps pour expliquer, parce que rien n'est écrit, et parce que les limites de ce que la personne peut décider ne sont pas claires.

Que faut-il déléguer en premier ?

Les tâches répétitives que quelqu'un d'autre pourrait faire : une fois la méthode écrite, elle sert à chaque fois et libère le plus de temps.

Comment déléguer sans perdre le contrôle ?

En fixant un cadre clair (résultat, délai, ce qui peut être décidé seul) et en suivant le résultat régulièrement plutôt que chaque geste.

Comment savoir si une tâche est vraiment déléguée ?

Si la personne peut avancer pendant ton absence sans t'appeler, elle est déléguée. Sinon, il manque une méthode écrite ou une règle de décision.